À l’ère des réseaux sociaux, les fausses informations et contenus trompeurs ciblant les femmes constituent un enjeu croissant. Au Cameroun, une formation consacrée à la désinformation genrée et à ses conséquences sur les violences faites aux femmes a réuni, le 29 août 2026, des acteurs de l’écosystème numérique à l’Université de Ngaoundéré.

Comprendre la désinformation genrée pour mieux la combattre
Dans le cadre du projet DDISA, financé par la Digital Democracy Initiative, le Dr Moussa Adamou, Chargé de Cours au Département de Communication, a animé, le samedi 29 août 2026, au CDTIC de l’Université de Ngaoundéré, une session de formation dédiée à la lutte contre la désinformation genrée.

L’initiative a été menée en partenariat avec l’Association DigiEduCivic.
La formation s’est intéressée aux mécanismes par lesquels des contenus faux, trompeurs, fallacieux ou tendancieux peuvent contribuer à renforcer les préjugés et les violences visant les femmes dans l’espace numérique et, plus largement, dans la société.
Des contenus qui peuvent alimenter les violences faites aux femmes
La désinformation genrée peut prendre différentes formes : stéréotypes sexistes, discours misogynes, contenus humiliants, accusations infondées ou récits trompeurs visant spécifiquement les femmes.

Ces contenus peuvent contribuer à banaliser certaines formes de violence, à légitimer des comportements discriminatoires et à exposer davantage les femmes au harcèlement et aux violences en ligne.
Dans le contexte camerounais, la question prend une dimension particulièrement préoccupante, notamment face aux violences faites aux femmes et aux cas de féminicides évoqués lors de la session.
Journalistes, blogueurs et acteurs de la société civile mobilisés
La formation a notamment porté sur la compréhension du concept de désinformation genrée, l’identification de ses différentes formes et la reconnaissance de ses principaux signaux.

Les participants ont également travaillé sur l’analyse critique des contenus numériques afin de mieux détecter les informations trompeuses, comprendre leurs mécanismes et agir de manière responsable.
L’objectif est de renforcer les capacités des journalistes, blogueurs, communicateurs et organisations de la société civile, afin qu’ils puissent mieux détecter, analyser et combattre les contenus de désinformation susceptibles de porter atteinte aux femmes.
📱 Facebook et TikTok : renforcer l’esprit critique
Dans un environnement où les contenus circulent rapidement sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et TikTok, le développement de l’éducation aux médias et à l’information apparaît comme un levier essentiel.

Pour les acteurs du numérique, il ne s’agit donc plus seulement de savoir produire et partager du contenu, mais aussi de savoir vérifier, contextualiser et déconstruire les informations susceptibles de nuire aux femmes.
Cette démarche participe à la construction d’un espace numérique plus responsable, plus inclusif et plus respectueux des droits des femmes.

Un enjeu qui dépasse les frontières du Cameroun
La lutte contre la désinformation genrée constitue aujourd’hui un enjeu important pour les médias, les organisations de la société civile et l’ensemble des acteurs du numérique en Afrique.
Former ceux qui produisent, analysent et diffusent l’information devient ainsi une étape essentielle pour prévenir la propagation des contenus sexistes et contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes.
📍 Ngaoundéré, Cameroun
📅 29 août 2026
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