Burkina Faso : à Oury, ces femmes transforment le néré en « or noir » et rêvent de conquérir les marchés africains

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🌰 Du néré à l’« or noir » ! À Oury, des femmes transforment le soumballa en source de revenus et rêvent de conquérir les marchés africains 🇧🇫

Oury, Balé – À Oury, dans la province des Balé, des femmes donnent une nouvelle valeur au néré. Depuis cinq ans, l’association « Femmes Engagées pour le Développement de la Commune de Oury » transforme les graines de cet arbre emblématique en soumballa, un condiment incontournable de la cuisine burkinabè. Une activité qui dépasse désormais le simple cadre alimentaire : elle est devenue une source de revenus, d’autonomisation économique et un véritable levier de développement local.

Dans un contexte où le consommer local s’impose de plus en plus comme un enjeu économique, ces femmes ont choisi de miser sur une ressource disponible dans leur terroir. Leur ambition est claire : créer de la richesse à partir des produits locaux, renforcer les revenus des femmes et contribuer au développement endogène de leur commune.

Du néré au soumballa, un savoir-faire qui crée des revenus

Le soumballa, obtenu à partir des graines de néré fermentées, occupe une place importante dans les habitudes alimentaires de nombreux ménages burkinabè. Mais derrière ce petit condiment se cache un processus de transformation long et exigeant.

🎙️ Au micro de FasoAmazone.net, Mme Lougué née Seré Bintou Félicité, porte-parole de l’association « Femmes Engagées pour le Développement de la Commune de Oury », s’exprime sur leur initiative et leurs ambitions.

Selon Lougué née Seré Bintou Félicité, porte-parole de l’association, la production repose sur une véritable chaîne de travail.

Tout commence par le pilage manuel des graines de néré. Les graines sont ensuite lavées à plusieurs reprises avant d’être soumises à différentes étapes de cuisson. Une fois la pâte obtenue, elle est façonnée en boules puis séchée. Le produit final est ensuite conditionné pour être commercialisé.

Un travail essentiellement réalisé par les femmes, qui y voient bien plus qu’une activité génératrice de revenus.

« Nous œuvrons pour le développement de notre commune », explique la porte-parole.

Le soumballa, une activité au service de l’autonomisation des femmes

Pour ces productrices, valoriser le néré répond à un double objectif : promouvoir une ressource locale et permettre aux femmes de disposer de revenus propres.

Les bénéfices tirés de l’activité contribuent notamment à la prise en charge des besoins familiaux. La production devient ainsi un moyen pour ces femmes de participer davantage à l’économie de leur ménage et de renforcer leur autonomie financière.

🌰 Soumbala et autres produits locaux : les femmes de Oury valorisent leur savoir-faire et leur terroir. 🎙️ Au micro de FasoAmazone.net, Mme Bintou Félicité Lougué présente les produits exposés à la vente.

La commercialisation s’effectue principalement sur les marchés de la commune de Oury. Mais l’association commence également à attirer des grossistes venus d’autres localités.

Les productrices participent par ailleurs à des foires et festivals, occasions pour elles de présenter leur savoir-faire, de vendre leurs produits et de rechercher de nouveaux débouchés.

Du petit sachet au marché national

L’une des forces de cette production réside aussi dans son accessibilité. Les sachets sont proposés à différents prix, allant de 100 à 1 000 francs CFA, selon les quantités.

Une stratégie assumée par l’association, qui souhaite permettre à différentes catégories de consommateurs d’avoir accès à son produit.

« Nous voulons que tout le monde puisse consommer notre soumballa », souligne la porte-parole.

Mais au-delà de la vente quotidienne, les femmes de Oury nourrissent une ambition beaucoup plus grande.

Faire de Oury une référence du soumballa au Burkina Faso

Leur rêve est de faire de leur production une véritable marque de territoire, capable de porter le nom de Oury au-delà des frontières des Balé.

L’objectif à terme est de passer d’une production artisanale à une activité structurée, capable d’approvisionner le marché national et, pourquoi pas, de conquérir des marchés extérieurs.

« À la longue, nous voulons être une grande entreprise, produire en masse sur le plan national, mais aussi exporter vers d’autres pays », affirme Mme Lougué.

Mme Lougué née Seré Bintou Félicité, porte-parole de l’association « Femmes Engagées pour le Développement de la Commune de Oury ».

Une ambition qui nécessite toutefois des moyens supplémentaires.

Formation, accompagnement et débouchés : le plaidoyer des productrices

Pour franchir un nouveau cap, l’association sollicite l’accompagnement des autorités, projets, ONG et partenaires techniques et financiers.

Les femmes souhaitent notamment bénéficier de formations pour améliorer leurs techniques de production, renforcer leurs compétences en gestion et mieux structurer leur activité.

Elles recherchent également des partenariats commerciaux leur permettant d’accroître leurs débouchés et de mieux écouler leur production.

Car derrière cette demande se trouve une volonté : faire passer le soumballa de Oury d’une production locale à une véritable activité économique créatrice d’emplois et de revenus.

🌰 Soumbala et autres produits locaux en vente :  le savoir faire des  femmes de Oury 
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Le néré comme graine d’un développement endogène

À Oury, les graines de néré racontent donc une histoire qui dépasse celle d’un simple condiment.

Elles racontent l’histoire de femmes qui entreprennent, transforment une ressource du terroir et cherchent à bâtir leur autonomie économique. Elles racontent aussi les possibilités offertes par le consommer local lorsque les savoir-faire locaux bénéficient d’un accompagnement adapté.

De la graine de néré à la boule de soumballa, ces femmes construisent, étape après étape, leur propre modèle de développement.

À Oury, l’« or noir » n’est peut-être pas extrait du sous-sol. Il pousse dans les terroirs, entre les mains des femmes, et pourrait demain prendre le chemin des marchés africains.

FasoAmazone.net — Média numérique burkinabè à vocation panafricaine

Pascal K.

Informer • Valoriser • Inspirer

Du Faso à l’Afrique, de l’Afrique au Monde

Email : fasoamazone@fasoamazone.net

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