
Ouagadougou, octobre 2026. De la communication gouvernementale à la protection du patrimoine, en passant par la professionnalisation des médias, la promotion des arts et la relance du tourisme, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCCAT) dresse le bilan de ses actions d’octobre 2022 à octobre 2026. Le département met en avant des réformes institutionnelles, réglementaires et sectorielles destinées à renforcer ses capacités.
d’intervention et à consolider le rayonnement du Burkina Faso.
Un ministère au cœur de quatre secteurs stratégiques
Depuis 2022, le MCCAT regroupe plusieurs secteurs autrefois répartis entre différents départements ministériels. Installé à l’immeuble administratif du Kadiogo, le ministère compte aujourd’hui 2 450 agents, répartis notamment entre 13 Directions régionales de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme (DRCCAT), 45 Directions provinciales et 10 établissements publics de l’État.
Parmi ces établissements figurent le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), le Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), la Semaine nationale de la culture (SNC), le Musée national, le Centre régional pour les arts vivants en Afrique, l’Agence Faso Tourisme, l’Institut supérieur de l’image et du son (ISTIC), l’Agence d’information du Burkina (AIB), les Éditions Sidwaya et la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB).
La mission du MCCAT consiste notamment à élaborer, mettre en œuvre et suivre la politique gouvernementale dans les domaines de la communication, de la culture, des arts et du tourisme.
Communication : renforcer l’information dans un contexte de guerre informationnelle
Dans le domaine de la communication et des médias, le ministère présente la Stratégie de communication du gouvernement en temps de guerre comme l’un des principaux cadres d’intervention depuis 2022.
Plusieurs initiatives ont été développées afin de renforcer la communication gouvernementale et l’information des populations. Parmi elles figurent les émissions « Tribune de redevabilité », « Questions majeures » et « Débats de presse ».
Des missions d’immersion ont également été organisées au profit des journalistes dans des localités reconquises. Elles ont permis la production de reportages consacrés aux opérations de reconquête et à l’engagement des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
L’émission « Les Nouvelles du Front » est également présentée comme un outil majeur de valorisation de l’action des forces engagées sur le terrain.
Dans le même temps, le MCCAT affirme avoir renforcé la lutte contre la désinformation et les fausses informations, notamment à travers le développement de nouveaux outils et médias publics.
L’érection de l’Agence d’information du Burkina (AIB) en établissement public de l’État ainsi que la création de RTB3, consacrée aux langues nationales, figurent parmi les principales évolutions institutionnelles mises en avant.
Le Burkina Faso a également engagé le processus de mise en place des médias confédéraux de l’Alliance des États du Sahel (AES), avec la radio Daandè Liptako et la télévision Tafouk TV.
Formation et accompagnement des professionnels des médias
Face aux nouveaux enjeux liés à la guerre informationnelle, le MCCAT indique avoir multiplié les sessions de renforcement des capacités des acteurs des médias.
Les formations ont notamment porté sur les enjeux géopolitiques et géostratégiques, l’extrémisme violent, la radicalisation, la lutte contre la désinformation, les fake news, le fact-checking, l’utilisation responsable des réseaux sociaux et l’engagement patriotique.
L’accompagnement du secteur privé s’est également traduit par une subvention annuelle à la presse privée d’environ 400 millions de FCFA, soit plus de 1,6 milliard de FCFA sur quatre ans.
Culture et patrimoine : une stratégie de sauvegarde et de valorisation
Dans le secteur culturel, le bilan met particulièrement l’accent sur la protection et la valorisation du patrimoine burkinabè.
L’une des principales avancées concerne l’institutionnalisation de la Liste nationale du patrimoine culturel, avec le classement de 142 biens culturels immeubles et de 190 éléments du patrimoine culturel immatériel.
Par ailleurs, 11 biens culturels immeubles ont été inscrits sur la Liste internationale des biens culturels sous protection renforcée de la Convention de l’UNESCO de 1954 relative à la protection des biens culturels en cas de conflit armé.
Le Burkina Faso a également obtenu l’inscription de la Cour royale de Tiébélé sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les Ruines de Loropéni et les sites de la métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ont, pour leur part, été inscrits sur la Liste du patrimoine dans le monde islamique de l’ICESCO.
Autre initiative mise en avant : l’institutionnalisation du Mois du patrimoine burkinabè, ainsi que la proclamation de la deuxième Liste des Trésors humains en 2026.
Le Musée national a également procédé à l’inventaire de 2 463 objets archéologiques enregistrés dans ses collections.
Arts : professionnalisation et soutien à la création
Le MCCAT met également en avant l’adoption de la loi sur le statut de l’artiste, présentée comme une étape importante dans la professionnalisation du secteur.
La promotion de la musique burkinabè, la réforme du FESPACO avec la création de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) et la mise en place du Faso Film Fonds figurent également parmi les principales réformes.
Le ministère souligne par ailleurs l’organisation des grands rendez-vous culturels nationaux, notamment le FESPACO, la Semaine nationale de la culture (SNC) et les Lompolo.
Ces événements sont présentés comme des instruments de valorisation de la création artistique et de renforcement de l’image culturelle du Burkina Faso.
Droits d’auteur : plus de 13,6 milliards FCFA collectés
Le bilan du MCCAT fait également ressortir les performances du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA).
Entre 2022 et 2025, le volume des droits collectés a dépassé 13,686 milliards de FCFA.
Sur la même période, environ 7 milliards de FCFA ont été versés au titre des droits d’auteur et des droits voisins au profit de 176 365 bénéficiaires.
La modernisation des outils de gestion figure également parmi les avancées, avec notamment la digitalisation du paiement des redevances et la bancarisation du paiement des droits.
Le BBDA poursuit par ailleurs le projet de mise en place d’une mutuelle des artistes, destinée à compléter les dispositifs nationaux de protection sociale et de retraite.
Tourisme : relancer un secteur fortement affecté par la crise sécuritaire
Dans le domaine touristique, l’orientation stratégique repose principalement sur le développement du tourisme interne, particulièrement touché par la crise sécuritaire.
Le ministère indique avoir renforcé le cadre réglementaire du secteur à travers l’adoption de textes d’application de la loi d’orientation du tourisme.
Ces nouvelles dispositions prennent notamment en compte de nouvelles catégories d’établissements et d’activités touristiques, parmi lesquelles les établissements touristiques de loisirs, les appartements meublés et les agences d’hôtes et d’hôtesses d’accueil.
Dix-sept ateliers de vulgarisation des nouveaux textes ont été organisés.
Le ministère fait également état de l’octroi de plus de 1 000 licences d’affaires, comprenant notamment des agréments et autorisations d’exploitation d’établissements touristiques, de restaurants, d’agences de voyages et de sites touristiques.
Assainissement du secteur touristique
Le contrôle des établissements touristiques a également été renforcé.
Une opération d’assainissement d’envergure a notamment conduit à la fermeture de villas meublées exploitées irrégulièrement à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Tenkodogo et Kaya.
Le ministère présente cette démarche comme un moyen de renforcer la conformité des opérateurs et de contribuer à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement illicite.
Coopération et promotion de la destination Burkina Faso
La coopération touristique a également été renforcée.
Deux accords sont notamment cités dans le bilan : celui signé avec le Royaume du Maroc le 9 juin 2023 et celui conclu avec la Tunisie le 2 juillet 2024.
Le MCCAT relève également l’organisation de deux éditions du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO), de quatre éditions du Prix national de l’entrepreneuriat touristique (PNET) et de trois éditions des Journées nationales de la gastronomie burkinabè.
La promotion du tourisme interne s’est poursuivie avec le lancement de la Grande saison du tourisme interne, l’élaboration d’un circuit touristique dans la zone de l’Ouest et l’organisation de visites destinées notamment aux jeunes.
Le lancement du projet de construction des infrastructures du Mémorial Isidore Noël Thomas Sankara figure également parmi les grands projets touristiques et culturels.
De nouvelles perspectives pour le MCCAT
Pour les prochaines années, le ministère entend poursuivre le chantier de transformation du secteur.
Parmi les perspectives annoncées figurent la concrétisation du renouveau culturel, l’endogénéisation du processus de développement, la création d’un Observatoire national des faits culturels et l’élaboration d’une nouvelle Stratégie nationale de la Culture et du Tourisme.
Le MCCAT entend également plaider pour la mise en place d’une Initiative présidentielle pour la Culture, notamment afin de favoriser la construction de salles de cinéma, de salles de spectacle, de maisons des jeunes, de centres de lecture et d’une bibliothèque nationale ainsi que de centres de lecture en région.
Plusieurs grands projets sont également annoncés ou poursuivis, notamment le projet de construction des infrastructures du Mémorial Isidore Noël Thomas Sankara, le projet Bigtogo pour la mise en valeur du site touristique et culturel de Pabré, le renforcement des aménagements de Samandeni et la réhabilitation de sites touristiques à travers le pays.
Enfin, l’adoption annoncée de la Loi sur la presse et la communication audiovisuelle devrait permettre, selon le MCCAT, d’adapter le cadre juridique des médias burkinabè aux mutations du secteur et au contexte sécuritaire.
Un secteur au service du rayonnement du Burkina Faso
D’octobre 2022 à octobre 2026, le MCCAT présente ainsi son action comme une démarche articulée autour de quatre leviers : informer, préserver, créer et valoriser.
Communication, culture, arts et tourisme sont ainsi appelés à contribuer à la cohésion sociale, à la valorisation des identités culturelles, au développement économique et au rayonnement du Burkina Faso.
À travers les réformes engagées et les chantiers annoncés, le département entend poursuivre la construction d’un secteur culturel, médiatique et touristique davantage structuré, professionnalisé et capable de porter l’image du Burkina Faso au niveau national, régional et international.
Source : Déclaration-bilan du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Ouagadougou 6 octobre 2026.
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