
Ouagadougou accueille, du 8 au 12 octobre 2026, les Universités africaines de la communication (UACO) 2026. Pour cette édition, les réflexions placent au premier plan la communication stratégique, la souveraineté narrative et les défis liés aux campagnes de manipulation de l’opinion publique dans un contexte marqué par les conflits, la désinformation et la transformation des espaces informationnels.
Autour du thème de « La stratégie de communication des États africains souverainistes face aux campagnes de manipulation de l’opinion publique », les UACO 2026 réunissent chercheurs, professionnels des médias, communicants, acteurs institutionnels et experts venus notamment du Burkina Faso, du Niger et du Maroc.
La communication, nouvel enjeu de souveraineté
Le programme met en évidence une évolution majeure du rôle de la communication dans les États africains confrontés à des environnements informationnels de plus en plus complexes.
La première série de communications s’intéresse notamment à la communication de guerre, à la communication stratégique et à la maîtrise des récits nationaux face à la désinformation.
Parmi les sujets annoncés figurent également la « Tropicalisation des contenus communicationnels au Burkina Faso », la communication gouvernementale en situation de guerre communicationnelle, ainsi que les stratégies de communication des États africains souverainistes face aux campagnes de manipulation de l’opinion publique.
Ces réflexions prennent une résonance particulière dans l’espace sahélien, où la bataille informationnelle accompagne désormais les enjeux sécuritaires, politiques et diplomatiques.
Burkina Faso, Niger : regards croisés sur la souveraineté narrative
Les UACO 2026 accordent une place importante aux expériences du Burkina Faso et du Niger.
Plusieurs communications porteront sur la souveraineté narrative, la communication de crise, la régulation des flux numériques et la riposte des États de l’Alliance des États du Sahel (AES) face aux offensives informationnelles.
Le programme prévoit notamment des réflexions sur la communication stratégique des pays de l’AES, la situation communicationnelle nigérienne face aux campagnes de manipulation de l’opinion publique et les enjeux de communication gouvernementale dans un contexte de guerre.
Cette approche traduit une volonté de mieux comprendre les mécanismes de construction, de diffusion et de réception des récits dans un environnement où les réseaux sociaux occupent une place centrale.
Désinformation, réseaux sociaux et nouvelles batailles narratives
Les débats ne se limiteront toutefois pas à la communication institutionnelle.
Les participants aborderont également les transformations des pratiques médiatiques et numériques : désinformation, discours conspirationnistes, fact-checking, discernement, réseaux sociaux et intelligence communicationnelle.
Le programme prévoit ainsi des communications consacrées aux stratégies étatiques pour mobiliser l’éducation et la littératie informationnelle, au rôle du nudge communicationnel, ainsi qu’au passage de la parole qui informe à la parole qui mobilise.
Une attention particulière sera également portée à la place des médias dans les conflits contemporains et à leur rôle potentiel comme leviers de résilience.
Médias, guerre et résilience
Plusieurs sessions seront consacrées à la relation entre médias, communication et conflits armés.
Les UACO 2026 examineront notamment les enjeux de la communication des ONG humanitaires dans un contexte de guerre, la place des médias dans la guerre communicationnelle et les stratégies de résilience organisationnelle face au terrorisme.
Une communication consacrée à la diplomatie médiatique du Burkina Faso face à la France ainsi qu’à la presse écrite dans l’espace AES permettra également d’interroger les nouvelles dynamiques de l’information dans un contexte de recomposition géopolitique.
Une dimension africaine et internationale
La programmation associe des intervenants burkinabè à des contributions venues d’autres pays africains.
Le Maroc sera notamment représenté autour de réflexions sur l’intelligence communicationnelle stratégique et les guerres informationnelles étrangères, tandis que le Niger apportera son expérience sur les enjeux de communication et de souveraineté narrative.
Les UACO 2026 entendent ainsi dépasser le seul cadre national pour inscrire la réflexion dans une perspective africaine.
Vers une communication au service de la souveraineté informationnelle
À travers cette programmation dense, les UACO 2026 ambitionnent de faire de la communication un espace de réflexion sur les mutations profondes de l’environnement informationnel africain.
La question centrale sera finalement celle de la capacité des États, des médias et des citoyens à produire, comprendre, vérifier et défendre leurs propres récits dans un monde où l’information constitue désormais un véritable levier d’influence.
Au-delà des débats, l’enjeu est donc aussi celui de la résilience informationnelle des sociétés africaines et de leur capacité à préserver leur autonomie narrative dans un environnement numérique mondialisé.
Les travaux des UACO 2026 s’achèveront avec une cérémonie de clôture et la présentation du rapport de la rencontre.
Horossi
FasoAmazone.net | La rédaction
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