
Ouagadougou, 10 octobre 2026 – À travers une projection-débat organisée au Ciné Burkina, l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF) a mobilisé des autorités, des leaders coutumiers et religieux, des associations, des femmes et des jeunes autour d’un enjeu majeur : la prévention des violences basées sur le genre (VBG) et la protection de la santé mentale des femmes et des filles. La rencontre a également été marquée par la désignation de cinq personnalités comme champions ou ambassadeurs engagés dans la lutte contre les VBG.

Un film documentaire camerounais qui met en lumière le drame des violences conjugales
La projection d’un film réalisé par Canal + Canal plus) sur l’histoire vraie réelle au cœur de cette rencontre : la projection du documentaire Diane Yangwo, le Coup de trop, qui retrace une affaire tragique de violences conjugales au Cameroun. Dame Diane Yangwo, épouse camerounaise, mère de trois(03) enfants institutrice, éducatrice, femme accueillante bienveillante sociable dévouée, décédée à l’hôpital à l’âge de 30 ans suite à une hémorragie abondante conséquences de violences conjugales a constitué l’un des temps forts de cette activité de sensibilisation. À travers l’histoire d’une femme confrontée à des violences conjugales répétées, le film a exposé les conséquences dévastatrices des violences physiques et verbales sur la victime, ses enfants et son entourage.

Malgré les souffrances endurées, la protagoniste choisit longtemps de rester dans son foyer. Marquée par l’exemple du mariage de sa mère, elle espère préserver son union et assurer l’éducation de ses enfants. Mais les violences persistent et son état se dégrade, jusqu’à son décès à l’hôpital.

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Au-delà du drame individuel, cette histoire soulève des questions essentielles : comment reconnaître les signes d’une relation violente ? À quel moment intervenir ? Et quelle responsabilité incombe aux proches, aux témoins et aux institutions face aux violences qui se déroulent dans un foyer ?
Une issue judiciaire qui suscite l’indignation
Dans le récit présenté à l’écran, la décision judiciaire rendue après la mort de la victime a provoqué une vive indignation parmi les participants. La sanction prononcée contre le mari, jugée insuffisante par plusieurs spectateurs, a alimenté les échanges sur la protection des victimes, la justice et la nécessité de réponses à la hauteur de la gravité des violences.

L’avocate de la victime, elle-même indignée par l’issue de l’affaire, incarne dans le film le sentiment d’impuissance que peut susciter une procédure lorsque les attentes de justice ne sont pas satisfaites.

Cette séquence a nourri un débat plus large sur l’accès à la justice, la prévention des violences et l’importance de ne pas attendre qu’une situation devienne irréversible avant d’agir.

Cinq personnalités désignées pour porter la lutte contre les VBG
En marge de l’activité, cinq personnalités ont été désignées comme champions ou ambassadeurs dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Cette initiative vise à renforcer la mobilisation autour des droits des femmes et des filles au Burkina Faso.

Leur engagement attendu s’inscrit dans une dynamique de sensibilisation, de prévention et de promotion de comportements respectueux au sein des familles et de la société.

La participation de leaders coutumiers, de représentants de différentes associations et d’acteurs engagés dans la promotion féminine a également souligné l’importance d’une mobilisation qui dépasse le seul cercle des organisations spécialisées.

Familles, écoles, communautés : une responsabilité partagée
Les échanges ont mis en évidence une conviction commune : la lutte contre les VBG ne peut reposer uniquement sur les victimes. Les familles, les amis, les collègues, les voisins, les responsables religieux et les institutions ont tous un rôle à jouer.

Les participants ont notamment insisté sur la nécessité d’encourager les victimes à parler, de prendre au sérieux les signes de violence et d’éviter les attitudes qui consistent à banaliser les mauvais traitements ou à demander aux femmes de supporter indéfiniment une situation dangereuse au nom du mariage.

L’entourage doit pouvoir écouter sans juger, orienter les victimes vers des services adaptés et les accompagner dans la recherche de solutions sûres. L’objectif n’est pas de culpabiliser celles qui restent dans une relation violente, mais de leur permettre d’accéder à une aide réelle et de sortir de l’isolement.

Éducation, préparation au mariage et engagement des leaders religieux
Parmi les pistes évoquées figure le renforcement de l’éducation à la prévention des violences dès le plus jeune âge. Les participants ont appelé à une sensibilisation accrue dans les familles et les établissements scolaires, ainsi qu’à une meilleure intégration de ces enjeux dans les programmes éducatifs.

La préparation au mariage a également été présentée comme un levier à consolider. Au-delà des aspects traditionnels de l’union, les futurs conjoints devraient être davantage sensibilisés au respect mutuel, à la communication, à la gestion non violente des conflits, aux droits de chacun et aux conséquences des violences conjugales.

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Les leaders religieux et coutumiers ont, eux aussi, été interpellés sur leur capacité à diffuser des messages de prévention, à déconstruire les pratiques qui favorisent le silence et à contribuer à la protection des personnes exposées aux violences.

Les participants ont par ailleurs suggéré que les prochains panels accordent une place plus importante aux hommes. Si les femmes et les filles sont particulièrement exposées à certaines formes de violences basées sur le genre, les hommes victimes doivent également pouvoir parler et être accompagnés, sans que cela minimise la réalité des violences subies par les femmes.

Violences conjugales et santé mentale : des blessures parfois invisibles
Les discussions ont rappelé que les violences ne laissent pas uniquement des blessures physiques. Les humiliations, les menaces, le contrôle, les insultes et la peur répétée peuvent affecter profondément la santé mentale, le sentiment de sécurité et l’estime de soi.

Les enfants exposés à un climat familial violent peuvent également en subir les conséquences. Le drame présenté dans le film a ainsi mis en lumière les répercussions des violences sur toute une famille, bien au-delà de la relation entre les conjoints.

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La prévention des VBG doit donc aller de pair avec une meilleure prise en compte du bien-être psychologique, l’accès à un accompagnement adapté et la lutte contre la stigmatisation des personnes qui demandent de l’aide.
« Briser le silence » : un appel à l’action collective
À travers cette projection-débat, l’IPBF a offert un espace d’échanges autour des mécanismes de prévention et de la responsabilité collective face aux violences basées sur le genre.

Le message porté par les discussions est clair : sensibiliser dès l’enfance, écouter les victimes, intervenir face aux signaux d’alerte, renforcer l’éducation au respect et améliorer l’accompagnement sont autant de leviers pour prévenir les drames.

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Le mariage ne doit pas être synonyme de souffrance, et la protection des enfants ne peut être dissociée de celle de la personne qui subit les violences. Aucune tradition, aucune pression sociale et aucune peur du jugement ne devraient empêcher une victime de chercher de l’aide.

La rencontre du Ciné Burkina rappelle ainsi que la lutte contre les VBG est l’affaire de toutes et de tous. Elle appelle les familles, les communautés, les institutions et les acteurs éducatifs à passer des paroles aux actes afin de protéger les femmes et les filles et de préserver leur santé mentale.

Horossi
Images- Photos : D. Carole
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