Burkina Faso : Domboué Fatoumata, 22 ans, étudiante et entrepreneure, le pari audacieux de réussir en partant de zéro

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À Ouagadougou, Domboué Fatoumata, 22 ans, étudiante et entrepreneure, va à la rencontre de ses clients avec ses parfums. Pour elle, chaque vente est un pas de plus vers l'autonomie financière. Oser commencer petit pour voir grand ! ❤️ Photo : FasoAmazone.net

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À seulement 22 ans, Domboué Fatoumata construit progressivement son avenir entre les amphithéâtres de l’Université Joseph Université Joseph Ki-Zerbo(UJKZ) et son activité de vente de parfums. Partie de presque rien, cette jeune entrepreneure basée à Ouagadougou fait de la persévérance, du travail honnête et de la détermination les piliers de son parcours. Son ambition : devenir une femme financièrement autonome, ouvrir sa propre boutique et créer un jour sa marque de parfums.

À Ouagadougou, les rêves ne se construisent pas toujours avec de grands moyens. Parfois, ils prennent forme avec une petite idée, beaucoup de courage et la volonté de ne pas baisser les bras devant les difficultés. Domboué Fatoumata, jeune étudiante burkinabè de 22 ans, en est une illustration encourageante.

Originaire de Banzon et résidant actuellement à Tanghin, elle poursuit ses études en première année d’anglais à l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), tout en développant une activité commerciale dans la vente de parfums. Deux engagements qu’elle mène de front avec une conviction : préparer son avenir tout en apprenant dès aujourd’hui à devenir indépendante.

De Banzon à Ouagadougou, un parcours marqué par la détermination

Le parcours scolaire de Fatoumata commence dans son village natal, Banzon, où elle effectue une grande partie de ses études jusqu’en classe de première. Elle poursuit ensuite son cursus secondaire à Bobo-Dioulasso, où elle décroche son baccalauréat en 2025.

Son premier choix d’orientation était la gestion des ressources humaines (GRH), une filière qui l’intéressait particulièrement. Mais faute de moyens financiers pour intégrer un établissement privé proposant cette formation, elle doit revoir ses projets.

Elle s’oriente finalement vers les études d’anglais à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Un choix qu’elle entend transformer en véritable opportunité. Son ambition est de maîtriser cette langue internationale afin de communiquer avec des personnes de différentes nationalités et, à terme, de devenir interprète professionnelle.

Pour elle, les contraintes financières ne doivent pas nécessairement mettre fin aux ambitions. Elles peuvent aussi pousser à explorer d’autres chemins.

Du savon aux parfums : une activité commerciale née d’une nécessité

L’aventure entrepreneuriale de Fatoumata commence à Ouagadougou, dans un contexte où les difficultés financières se font sentir. À son arrivée dans la capitale, elle cherche un emploi pour subvenir à certains de ses besoins.

Grâce à un camarade de classe, elle entre en contact avec un fournisseur qui recherche des personnes pour promouvoir et vendre son savon Big Med. Elle saisit cette opportunité et signe un accord prévoyant une rémunération mensuelle de 30. 000 FCFA, sous réserve de vendre au moins dix cartons de savon par mois.

Le principe est simple : elle reçoit les produits, les commercialise, puis reverse l’argent au fournisseur. Les ventes évoluent favorablement et cette première expérience lui permet de découvrir les réalités du commerce.

Progressivement, certains clients commencent à lui demander des parfums. Elle perçoit alors une nouvelle possibilité : réinvestir une partie des bénéfices réalisés dans la vente du savon pour commencer à proposer ces produits.

Lorsque le savon devient indisponible auprès de son fournisseur, Fatoumata décide de poursuivre son activité avec les parfums. Une nouvelle orientation qui marque le véritable début de son aventure entrepreneuriale.

Ce qui était au départ une solution pour faire face aux difficultés financières devient ainsi un projet qu’elle souhaite développer durablement.

Étudier et entreprendre : apprendre à gérer deux ambitions

Aujourd’hui, Fatoumata organise son activité commerciale autour de son calendrier universitaire. Elle accorde la priorité à ses études et consacre ses moments libres à la vente de parfums.

Elle propose différentes variétés de produits, en tenant compte des goûts et des budgets de sa clientèle. Son objectif est de permettre à chacun de trouver un parfum qui lui correspond, à un prix accessible, sans négliger la qualité.

Pour développer ses ventes, elle utilise principalement WhatsApp Business, où elle présente régulièrement ses articles. Elle propose également la livraison à Ouagadougou et l’expédition vers d’autres localités du Burkina Faso.

Son activité lui permet de contribuer à certaines dépenses personnelles et de participer progressivement au financement de ses études. Un apport précieux pour cette jeune femme qui souhaite réduire sa dépendance financière et prendre davantage en main son avenir.

Mais le chemin reste semé de défis. Le manque de capitaux pour augmenter son stock, la concurrence et la difficulté à trouver régulièrement de nouveaux clients figurent parmi les principales contraintes auxquelles elle fait face.

Malgré cela, elle garde le cap. L’encouragement de sa famille et de ses proches constitue également un soutien moral important.

« Il n’y a aucune honte à travailler honnêtement pour gagner son argent »

Dans un environnement où certaines personnes portent encore un regard dévalorisant sur le commerce ambulant ou les petites activités commerciales, Fatoumata assume pleinement son choix.

Elle refuse de considérer le commerce comme une activité honteuse. Bien au contraire, elle revendique la dignité du travail honnête et la fierté de gagner progressivement son argent grâce à ses propres efforts.

Son expérience lui a permis de développer plusieurs compétences : la communication avec les clients, la négociation, la gestion de l’argent, le sens des responsabilités et l’organisation.

Elle a également appris que l’entrepreneuriat exige de la patience et de la persévérance, particulièrement lorsque les résultats ne sont pas immédiats.

Une autre particularité de sa démarche réside dans sa volonté de bâtir une relation de confiance avec ses clients. Elle mise sur la transparence, des prix abordables et la satisfaction de ceux qui lui font confiance.

Pour elle, vendre ne consiste pas seulement à réaliser une transaction commerciale. Il s’agit aussi de fidéliser une clientèle et de construire une réputation sur la durée.

Une ambition : ouvrir sa boutique et créer sa propre marque

Domboué Fatoumata ne souhaite pas s’arrêter à la vente de parfums sur les réseaux sociaux. Elle envisage de faire grandir progressivement son activité pour en faire une véritable entreprise.

Dans les cinq prochaines années, elle rêve de disposer de sa propre boutique, de développer une clientèle fidèle, de faire connaître ses produits à plus grande échelle et, surtout, de lancer sa propre marque de parfums.

Elle nourrit également une ambition sociale : devenir financièrement autonome et contribuer à la création d’opportunités d’emploi pour d’autres jeunes filles.

Pour franchir ces étapes, elle identifie plusieurs besoins : un accompagnement financier pour renforcer son stock, diversifier ses produits et disposer d’un espace de vente adapté. Elle souhaite aussi bénéficier de formations en entrepreneuriat, marketing et gestion financière afin de mieux structurer son activité.

« N’ayez pas peur de commencer petit »

Le conseil que Fatoumata adresse aux jeunes filles qui hésitent encore à se lancer dans une activité génératrice de revenus est sans ambiguïté : il ne faut pas attendre de disposer de beaucoup d’argent pour commencer.

Elle se souvient notamment de ses années de Terminale, lorsqu’elle se rendait déjà au marché de 25 pour rencontrer des commerçants, photographier leurs articles et publier les images sur ses statuts. Lorsqu’elle trouvait un client, elle retournait auprès du commerçant pour obtenir le prix de gros et revendre le produit à son acheteur.

Une méthode simple, fondée sur la débrouillardise, la confiance et l’esprit d’initiative, qui témoigne de son intérêt précoce pour le commerce.

« N’ayez pas peur de commencer petit. L’essentiel, c’est d’avoir la vision, le courage et la détermination. Même avec zéro franc CFA, on peut commencer à travailler », conseille-t-elle aux jeunes filles.

Sa plus grande fierté reste d’avoir osé entreprendre avec presque rien et d’avoir appris, au fil des expériences, à croire davantage en ses capacités.

Domboué Fatoumata, une jeunesse qui ose construire son avenir

À travers son parcours, Domboué Fatoumata rappelle qu’il est possible de poursuivre des études, de développer une activité commerciale et de nourrir de grandes ambitions, même lorsque les ressources sont limitées.

Son histoire n’est pas celle d’une réussite achevée, mais celle d’une jeune femme qui avance, apprend et construit progressivement les fondations de son avenir.

Entre son rêve de devenir interprète professionnelle et son ambition de créer une entreprise de parfumerie, elle trace sa voie avec courage et détermination.

Pour cette jeune entrepreneure, chaque vente, chaque nouveau client et chaque difficulté surmontée représentent une étape supplémentaire vers l’indépendance.

Parce que les grandes ambitions peuvent naître de petits commencements, Domboué Fatoumata fait partie de cette jeunesse féminine burkinabè qui choisit d’oser, d’apprendre et d’entreprendre.

Interview réalisé par Horossi 

– Informer • Valoriser • Inspirer.

*Du Burkina Faso à l’Afrique, de l’Afrique au monde*.

Email: fasoamazone@fasoamazone.net

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