Maimounatou Ouédraogo/Kargougou, transformatrice de produits agro-alimentaire « Nous demandons aux Burkinabè de consommer ce que nous produisons ».

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Spécialiste dans la transformation de produits agro-alimentaire, Maimounatou Ouédraogo/Kargougou gère depuis 2004 son entreprise appelée Sociale Teega-wendé. Fasoamazone a rencontré cette dame à l’occasion de la journée internationale de la femme rurale à Manga le lundi 15 octobre 2018. Elle relate comment elle vit de son travail.
Les différents produits alimentaires de l’association Tegawendé, prêts pour la consommation

Fasoamazone.net : Comment est née votre entreprise?

Maimounatou Ouédraogo/ Kargougou : Nous avons commencé par un groupement où nous produisions du soumbala et de beurre de karité. Nous sommes actuellement sur la transformation d’une dizaine de produits. Il s’agit du moringa, le pain de singe, des arachides transformées en patte, du piment, du Zamenais.

F.A.net : Où vendez-vous généralement ces produits transformés?

M.O/K : Nous vendons nos produits un peu partout et les dépôts se font dans quelques vitrines et alimentations. Nous participons également aussi aux expositions dans les foires.

F.A.net : Combien gagnez-vous pendant l’exposition?

M.O/K : Cela dépend des expositions. Il arrive qu’on vendent entre 100 000 et 200 000 FCFA. Il y a des expositions ou nous vendons entre 25 000 et 50 000 FCFA. Les expositions ou les autorités viennent suffisamment, se vendent conséquemment.

F.A.net : Pouvez-vous nous énumérez quelques difficultés que vous rencontriez?

M.O/K : Nos difficultés sont généralement liées à l’approvisionnement de nos produits. Je puis dire qu’entre octobre et janvier, le stock est toujours suffisant pour satisfaire la clientèle. Mais entre le mois d’avril et mai, il y a déjà une rupture. En ce moment le prix augmente et il n’y a pas de bénéfice.

F.A.net : Quelles sont vos alternatives pour éviter les ruptures de stocks?

M.O/K : Nous essayons d’emprunter des petits prêts avec certaines structures de micro-finance. Mais, nous trouvons que ce n’est pas toujours suffisant.

Les autorités font déjà ce qu’ils peuvent, mais nous les invitons à consommer ce que nous produisons. C’est la seule manière de nous encourager et nous permettre d’aller de l’avant dans ce que nous faisons.

Si nous arrivons par exemple à bien vendre, cela veut dire que nos revenus vont augmenter. Au fur et à mesure, nous pourrions constituer un bon stock. C’est surtout, la consommation qui est notre préoccupation. En plus des autorités de ce pays, nous invitons également tous les burkinabé à consommer beaucoup nos produits, c’est ce qui peut nous faire évoluer.

F.A.net : Qu’es-ce que vous vous faites avec vos bénéfices?.

M.O/K : Avec nos gains, nous arrivions à payer la scolarité de nos enfants, soutenir nos maris, se soigner, effectuer des voyages, ainsi de suite.

Personnellement j’ai déjà été aux Etats-Unis pour participer à une conférence sur les femmes. L’Association Asmade nous a soutenu à hauteur de 30%. Le reste nous l’avons assuré sur Fond propre.

F.A.net : Quel est votre secret?

M.O/K : Notre secret est tout simplement le travail dans la discipline et dans l’organisation. Seul le travail paie. En plus de cela nous aimons notre travail. Si tu n’aimes pas ce que tu fais, tu n’avanceras jamais. Nous n’avons pas honte de dire que nous produisons du soumbala, du beurre de karité, parce que nous vivions de cela. C’est grâce à la vente de ces produits, que nous arrivions à subvenir à nos besoins.

F.A.net : Quels sont vos projets?

M.O/K : Nous avons un Centre de transformation, appelé Entreprise Sociale Tegawendé à Ouagadougou. Nous avons eu un terrain à Kamboinsin et notre souhait, c’est de vraiment agrandir ce Centre.

F.A.net : Quel message à l’endroit des autorités par rapport à la Journée dédiée à la femme rurale ?

M.O/K : Je salue l’initiative du gouvernement pour l’organisation de la journée internationale de la femme rurale. Cela les valorise et les encourage à aller de l’avant. Pour moi, l’économie d’un pays passe aussi par le développement des femmes, surtout au niveau rural. Tout commence dans le milieu paysan.

Que ça soit les produits forestiers non ligneux, ce sont les braves femmes rurales qui se battent chaque jour pour les transformer. Si dans ce milieu, les choses se passent mal, cela veut dire que pour le reste, tout ira mal.

Interview réalisée par

Amelie Zongo/www.fasoamazone.net

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