UPC: Conférence de presse du jeudi 30 avril 2020

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Déclaration liminaire lue par Adama SOSSO, 2ème Vice-Président de l’UPC, chargé des questions politiques

Chers journalistes,

L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) vous souhaite une chaleureuse bienvenue à son siège national. Comme il vous a été annoncé, cette conférence de presse a pour objet de vous livrer la lecture du parti du lion de la gestion de la crise sanitaire et du décès le 17 mars 2020 de l’Honorable Rose Marie COMPAORE née KONDITAMDE, deuxième vice-Présidente de l’Assemblée nationale, membre-fondatrice et membre du Bureau exécutif central de l’UPC. En sa mémoire, nous vous prions d’observer une minute de silence.

Chers journalistes,

Des personnes physiques et morales nous ont témoigné de leur compassion lors de la disparition de nos sœurs Rose Marie COMPAORE / KONDITAMDE et Mariam SIRIMA / FOFANA. A toutes ces personnes, et particulièrement  à vous, journalistes, nous exprimons notre sincère reconnaissance.

A nouveau, nous présentons nos condoléances aux familles biologiques de nos deux regrettées sœurs et à tous leurs proches.

Chers journalistes,

Le deuil à observer suite à la perte de l’honorable Rose Marie COMPAORE KONDITAMDE, doublée de celle de notre sœur Mariam SIRIMA, membre du Bureau exécutif central et 9ème vice-présidente du parti, le 30 mars 2020, a contraint notre parti au silence et au recueillement.

Les circonstances de la disparition de notre sœur Rose Marie COMPAORE / KONDITAMDE ont créé d’énormes polémiques.

Les différentes informations fournies et le doute sur les circonstances de son décès ont amené les députés de l’UPC à interroger le Gouvernement lors de la session de l’Assemblée nationale tenue le 21 avril 2020.

Les informations communiquées par Madame la ministre de la Santé à la représentation nationale ont révélé un certain nombre de mensonges  obligeant la famille à apporter un démenti clair. En effet, Madame la ministre de la santé a affirmé, entre autres, qu’une équipe de son ministère avait rencontré la famille de la défunte, et que la maison de la défunte  avait été désinfectée.

Suite à la réaction de certains de vos confrères et de celle de la famille, elle tentera plus tard de s’expliquer dans le journal « Courrier confidentiel », en reconnaissant qu’elle avait menti.

Plus généralement, il convient de relever que le Gouvernement a plusieurs fois menti au peuple concernant cette crise sanitaire. Pour preuve :

  • En janvier 2020, à la question de savoir si le Gouvernement serait prêt en cas de présence de la maladie dans notre pays, Madame la ministre de la Santé a répondu par l’affirmative. La suite, tout le monde l’a constaté : notre pays n’était pas du tout préparé.
  • Le 26 mars, le Pr Alkassoum MAIGA déclarait que l’Apivirine avait été testé sur des malades avec des résultats encourageants, pouvant aller jusqu’à la disparition du virus chez certains patients. Le Coordonnateur du Comité national de riposte, Pr Martial OUEDRAOGO, démentira formellement cette information devant la presse.
  • Le 16 avril, une fois de plus, Madame la ministre de la santé a informé le peuple burkinabè que des Chinois testés positifs dans leur pays venaient d’atterrir à bord d’un avion de la compagnie Ethiopian Airlines. La suite, vous la connaissez également, puisque le lendemain, un démenti formel a été fait par l’Ambassade de Chine au Burkina Faso, obligeant notre Gouvernement à rétropédaler honteusement pour dire qu’il en était rien.
  • Récemment, le budget du plan de riposte rendu publique, prévoyait l’astronomique somme de 121 milliards de francs CFA pour la location d’hôtels. Face à l’indignation générale créée par ce pillage en perspective, le Gouvernement a prétexté qu’il s’agissait d’un brouillon.
  • Le 24 avril, lors du traditionnel point de presse du Gouvernement, le Ministre en charge de l’Education nationale, Pr Stanislas OUARO, a déclaré que le Gouvernement prendrait en charge l’achat de masques de protection et des lave-mains pour les écoles. Il a même précisé que cette opération coûterait environ 8 milliards de Francs CFA.

Hier 29 avril, volte-face : Le même Stanislas OUARO jure devant la même presse que le Gouvernement ne s’est jamais engagé à équiper les écoles en masques de protection et en dispositifs de lave-mains.

Voici donc une série de mensonges dits par des membres du Gouvernement actuel, et qui discréditent totalement la parole gouvernementale. A ce jour, de plus en plus de Burkinabè ne croient plus à l’existence même du Coronavirus au Burkina, ce qui est dangereux.

Mesdames et Messieurs,

A ces mensonges se sont ajoutés des cas de traitements inhumains réservés à des malades, certains étant décédés, et dont des médias ont parlé:

– Marvin SAWADOGO : cet artiste décorateur de renom a eu difficilement accès aux soins à Tengandogo, et est finalement mort dans des conditions toujours floues, selon les témoignages de sa fille relayés par le journal l’Evénement.

– Le vieux Maurice DIPAMA : Selon le journal Courrier Confidentiel, il n’a pas été soigné comme il se doit. Il aurait appelé toute la nuit au secours, et aurait finalement succombé, après être tombé de son lit.

– Un de nos militants, Aboubakary KIENDREBEOGO: Il a été testé positif au Covid-19 par erreur.

Mesdames et messieurs, de façon globale, la gestion du Covid-19 par le Gouvernement est chaotique.

Il y a un déficit de concertation, notamment avec les syndicats, les leaders religieux et coutumiers, et l’ensemble des acteurs impliqués (commerçants, établissements scolaires, transporteurs, hôteliers, …)

Aussi, notre pays
a une faible capacité de tester les personnes suspectées d’être malades du Covid. A cela s’ajoutent la centralisation et à la lenteur du dépistage et, surtout,  de la prise en charge des malades.
Nos agents de santé, surtout ceux en première ligne contre le Covid, ne sont pas bien protégés. Il leur faut de meilleurs équipements de protection individuelle, du matériel de travail de meilleure qualité.
Concernant les mesures d’accompagnement  prises par le Président du Faso, nous avons salué le volet social, comme vous le savez. Mais en ce qui concerne  les mesures fiscales, des zones d’ombres demeurent quant à l’impact réel de ces décisions sur la capacité de résilience des entreprises.

D’autres mesures, surtout celles concernant les banques et les médias, sont juste des vœux pieux.

Nous resterons vigilants sur la mise en œuvre  des mesures de relance économique, pour que l’occasion ne soit pas donnée à des gens de distribuer des milliards à leurs militants ou à leurs familles. Ces fonds doivent aller aux véritables destinataires, sans discrimination.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Les faits que nous avons évoqués plus haut prouvent que l’ensemble du Gouvernement  a failli à sa mission.

Au regard des faits graves ci-dessus cités, l’Union pour le Progrès et le Changement constate que :

  • Madame la ministre de la Santé, tout comme ses collègues et collaborateurs ayant manipulé les faits dans l’affaire Rose Marie COMPAORE KONDITAMDE, n’ont plus aucune légitimité pour traiter des questions de santé des Burkinabè.

Par conséquent, l’UPC exige :

  • la démission de Madame la ministre de la Santé,
  • un pardon officiel du Gouvernement à la représentation nationale et à tout le peuple burkinabè.

En outre, l’UPC demande au Président de l’Assemblée nationale de tirer toutes les conséquences du fait que le Gouvernement ait menti à la représentation nationale et, partant, au peuple burkinabè tout entier. Il s’agit là d’un acte très grave.

Toute autre posture de notre Assemblée nationale constituera un précédent très grave pour l’avenir de la démocratie et de l’Etat de droit au Burkina Faso.

Enfin, malgré la cacophonie entretenue au sommet de l’Etat, l’UPC encourage les Burkinabè à respecter les gestes-barrières et les mesures d’hygiène contre le Coronavirus. La maladie existe réellement dans notre pays. C’est ensemble, dans la discipline, que nous allons la bouter hors du Burkina.

Mesdames et Messieurs les journalistes, c’était là la substance de notre message de ce jour. Nous vous remercions pour votre attention, et nous attendons vos questions et vos contributions.

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