Journée mondiale de diabète : « Le sucre n’est pas le seul élément en cause dans le déclanchement de la maladie », dixit le Pr Joseph DRABO

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Dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale du diabète célébrée le 14 novembre de chaque année, l’ONG Santé Diabète a animé une conférence de presse le lundi 6 décembre 2021 à Ouagadougou. Il a été question avec les journalistes, d’échanger sur la nécessité de lutter contre le diabète qui n’est plus une maladie des pays riches et militer pour l’amélioration des soins et la prévention de la maladie.

La journée mondiale du diabète est célébrée chaque année le 14 novembre pour sensibiliser le grand public et militer pour l’amélioration des soins et la prévention du diabète. Selon le Pr Joseph DRABO, chef de service médecine interne au CHU Yalgado OUEDRAOGO, le diabète est lié au fait que l’organisme n’arrive plus à fabriquer l’hormone appelé insuline. En effet, 100 ans après la découverte de cette hormone, des millions de personnes atteintes de diabètes n’ont pas accès à l’insuline.

C’est pourquoi, cette année qui marque le centenaire de la découverte de l’insuline, l’OMS a saisi l’occasion pour apporter des changements significatifs en vue de lutter contre le diabète. Cette maladie qui touche de nos jours plus de 463 millions de personnes dans le monde n’est plus une maladie des pays riches parce que, de nos jours, 80% des personnes atteintes de diabètes vivent dans les pays à faibles ou moyens revenus.

Au Burkina Faso, le taux de prévalence de diabète en 2013 était de 4,9% selon l’enquête STREP du Ministère de la santé et de l’OMS et une prévalence de surpoids de 22% et d’’obésité de 5,7%.

Pr Joseph DRABO, chef de service médecine interne au CHU Yalgado OUEDRAOGO

Mais en raison des différentes priorités qu’il y a, les maladies non transmissibles ne constituent pas pour le Burkina Faso une priorité. « Depuis trois (03) ans, nous plaidons auprès du Ministère de la santé pour l’élaboration des plans de lutte contre le diabète sucré et jusqu’à présent, il est impossible de mettre un rond pour l’écriture du programme à plus forte raison, mobiliser des ressources pour cela », a expliqué M. DRABO. Pour lui, l’Etat devrait subventionner l’insuline pour diminuer le fardeau du diabète sucré.

En décidant de célébrer la journée mondiale du diabète, l’OMS en collaboration avec ses partenaires entend mener des campagnes de sensibilisation pour attirer l’attention sur le défi lié à l’accès aux soins notamment à l’insuline.

Pour le Pr DRABO, les nombreuses personnes atteintes de diabète n’ont ni accès aux matériels et aux articles, ni accès aux médicaments administrés par voie orale. « Ces médicaments sont indisponibles ou inabordables dans de nombreux pays à faibles et à moyens revenus », a-t-il indiqué. En outre, les personnes atteintes ou à risque de diabète doivent avoir accès à l’éducation, à une alimentation saine et un lieu de sport (éléments fondamentaux pour prévenir la maladie).

Pour prévenir le diabète, les populations sont invitées à consommer cinq (05) fruits et légumes par jour. Ce qui est selon M. DRABO très bon pour la santé. Mais pour un diabétique, il faut tenir compte de taux de sucre qu’il y a dans les fruits. Un diabétique ne peut pas consommer autant de fruits qu’il veut parce qu’il y a 15% de sucre dans les fruits. Ce sont les légumes qui sont conseillés aux personnes diabétiques ou à risque de diabète.

« Il ne faut pas diaboliser seulement le sucre, c’est la quantité consommée qui est problème. Le sucre n’est pas le seul élément en cause dans le déclanchement de la maladie. En réalité, c’est l’obésité le problème. Et les facteurs qui contribuent à l’obésité, c’est la sédentarité, la diminution des activités physiques et l’alimentation hyper calorie. », a expliqué M. DRABO.

Jeanne Z. LAYA/www.fasoamazone.net

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