« Plus le cancer du sein est vite détecté, plus grande est la chance de survie de la patiente » Marie Claire EHAKO

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Mme EHAKO Marie Claire, en pleine séance de sensibilisation.

Mme EHAKO Marie Claire, est burkinabé, sociologue, consultante Indépendante en formation des adultes. Elle est aussi la  Présidente de l’Association de Lutte Contre les Cancers Féminins ONG Eurêka, c’est sans détour qu’elle nous fait l’état des lieux sur le cancer du sein au Burkina Faso. Elle conseille les femmes de se faire dépister le plus tôt possible. À lire ci dessous.

-Il y a beaucoup de femmes atteintes du cancer du sein qui n’ont pas assez de moyens pour se soigner et d’autres qui luttent difficilement pour suivre les soins, que dites vous?.

M. Claire: Les soins ne sont pas subventionnés et sont très coûteux. La cherté du traitement vient du fait que même à Yalgado où la chimiothérapie est moins chère (65000 F), c’est tous les 21 jours, qu’il faut le faire et peut être entre 6 et 16 cures, si les résultats des examens intermédiaires ne sont pas bons. Dans les cliniques, le coût de la chimiothérapie varie entre 210000F et 385000F, suivant les protocoles prescrits, sans compter le budget pour les prise de sang régulières, la chirurgie, les examens radiologiques, les déplacements, la nourriture. Heureusement que depuis cette année, la radiothérapie est gratuite.
C’est pour dire que le cancer du sein quand il est diagnostiqué tardivement, son traitement est lourd et appauvri la famille. Mais quand le diagnostic est précoce, la patiente à plus de 90% de chance de guérison selon les professionnels de la santé.

Qu’est ce qui est la cause de ce cancer de seins chez les femmes?
M.Claire: Parler de causes c’est trop dit. La science n’a pas encore identifié des causes mais plutôt des facteurs de risques :
Au Burkina Faso, les cas fréquents tournent autour de la moyenne d’âge de 46 ans. Cependant, il y a des jeunes filles et quelques hommes qui sont touchés
Facteurs génétiques : le risque est de deux à trois fois plus élevé, si une parente du premier degré est atteintes d’un cancer de sein surtout avant 40 ans ou lorsqu’on est face d’un cancer bilatéral ;
La puberté précoce : quand les premières règles subviennent avant 13 ans
La ménopause tardive après 50 ans
La 1ère grossesse tardive après 40 ans
La contraception (devient un risque seulement si le traitement dure plus de 10 ans)
Absence d’allaitement des enfants.
Les antécédents de modification du tissu glandulaire du sein : abcès, nodule, écoulement, infections…etc).
Une mauvaise hygiène de vie (absence d’exercices physiques, prise d’alcool ou de tabac, consommation excessive de matière grasse, du sel et du sucre … etc)
– Comment reconnaît qu’on a le cancer de sein ?
Il y a des signes en présence desquels il est plus sage d’aller en consultation pour se rassurer. Mais la présence de ces signes ne voudrait pas forcément dire qu’on a un cancer de sein

Seul l’agent de santé ou le médecin ont habileté de soumettre la patiente à divers examens pour déceler si elle souffre d’un cancer du sein ou d’une autre maladie.

M. Claire: Les signes qui guident le diagnostic sont pour la plupart du temps :
Une douleur du sein ou des seins
Une boule ou masse dans le sein
Un écoulement du mamelon (du sang ou un liquide louche qui coule seul ou par pression du mamelon)
La présence de peau d’orange ou rougeur,
La différence notoire de taille
Des picotements,
La déformation du mamelon
La présence de ganglion au niveau de l’aisselle, sous ou au-dessus de la clavicule.

Comment reconnait- on les signes ?
M. Claire: Il est conseillé aux femmes de faire mensuellement l’autopalpation de leurs seins à la rechercher d’éventuelles anomalies. Les campagnes annuellement le dépistage précoce permettent de faire examiner ses seins par des professionnels de la santé. En cas de constatation d’une quelconques anomalies des examens complémentaires sont demandés par le médecin traitant pour des vérifications.

Que faut -il faire pour prévenir ?
M. Claire: Pour prévenir le cancer du sein, il faut connaître ses seins et aimer les observer et les palpers à la recherche de signes. Participer aux dépistages précoces et faire sa mammographie en moyenne chaque 2 ans sur la base d’une consultation.
-Et pour guérir ?
Pour guérir, Il ne faut pas cacher cette maladie. Il faut que le diagnostic ne soit pas fait tardivement. Il faut l’accepter et suivre le protocole de traitement établi et parvenir à mobiliser les ressources nécessaires afin de respecter de façon rigoureuse et régulière les étapes du traitement. Avoir un mental fort et être entouré et soutenu par la famille, les proches et les bonnes volontés. Il ne faut pas avoir honte de demander de l’aide quand il le faut et garder l’espoir dans la positivité.

Quels sont les différents lieux de dépistage du cancer du sein?…
M. Claire: Nous avons parlé de l’auto examen qui se fait par la femme elle-même chez elle. Dans les maternités et les hôpitaux en dehors des campagnes de dépistages que nous organisons, la femme peut demander à se faire dépister lors des consultations.

Devant toutes anomalies constatées sur les seins, il faut sans délais aller en consultation chez un professionnel de la santé. Plus le cancer du sein est vite détecté, plus grande est la chance de survie de la patiente.

Interview réalisé par Irène Soulama

Fasoamazone.net

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