Burkina: L’APSAM plaide pour un recrutement massif de sages-femmes.

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La présidente de L'APSAM, Madame Claude Béatrice Sawadogo/Sawadogo

Chaque 5 Mai est célébrée dans le monde entier, la journée internationale de la sage-femme. À cet effet la présidente de l’Association pour la promotion des sages-femmes et maïeuticiens du Burkina Faso (APSAM/BF), madame Claude Béatrice Sawadogo/Sawadogo, tout en rendant un vibrant hommage à ses consoeurs, plaide pour un  recrutement massif, car l’effectif des sages-femmes est insuffisant par rapport à la population. D’où le ratio sage-femme par population au Burkina Faso, est l’un des plus faibles au monde.

Permettez-moi de saisir cette aubaine pour rendre un vibrant hommage à toutes ces sages-femmes des villes et des campagnes, qui, avec engagement, dévouement, don de soi, sacrifice, amour et dans une résilience, luttent pour préserver la santé maternelle et infantile au Burkina Faso.

La mission des sages-femmes est si noble, si salutaire et si capitale qu’elle devrait bénéficier de plus d’attention de la part des autorités sanitaires.

En effet, la sage-femme vit des conditions de vie et de travail difficiles marquées par l’insuffisance de la ressource humaine, et l’insuffisance du matériel adéquat de travail.

En outre, la situation sécuritaire de notre pays a aggravé la psychose des agents de santé qui travaillent dans les zones à fort défi sécuritaire.

Il faut également rappeler que la gestion des carrières des sages-femmes connait des insuffisances.

L’on note des avancées au niveau du recrutement des sages femmes avec le diplôme du Baccalauréat. L’autre avancée est le reclassement des sages-femmes en catégorie A3, mais, il convient d’offrir à celles qui ont bénéficié du reclassement d’avoir la possibilité d’évoluer dans leur carrière.

Nous reconnaissons donc à leur juste valeur ces évolutions qui renforcent la qualification et la motivation des sages-femmes. Cependant certains dossiers de reclassement trainent encore. L’effectif des sages-femmes est insuffisant par rapport à la population.

De ce fait, le ratio sage-femme par population au Burkina Faso est l’un des plus faibles au monde. Que dire des sages-femmes cadres ? Il en existe très peu, alors que ce sont elles qui ont la responsabilité de renforcer les capacités et de guider les plus jeunes dans le métier.

Cette insuffisance se ressent dans la qualité de la formation donnée actuellement aux élèves sages-femmes.
Le niveau de la formation dans les écoles de formation et sur le terrain à considérablement baissé. Cet état de fait entraine des conséquences néfastes, ternissant ainsi l’image de la profession.

Nous ne cesserons d’évoquer l’insuffisance du matériel médicotechnique, des infrastructures et des produits de santé face une population devenue très exigeante en matière de santé.
Ces insuffisances constituent un véritable obstacle à l’atteinte des objectifs de la profession.

Alors que pouvons-nous faire ?
En tant qu’organisation de la société civile, en tant qu’organisation qui regroupe en son sein des sages-femmes engagées, nous plaidons auprès des autorités sanitaires le déverrouillage du recrutement massif des sages-femmes.

Il convient de recruter plus de sages-femmes tout en leur permettant d’évoluer dans leur carrière suivant le système Licence-Master-Doctorat. Aux autorités politiques, nous demandons de diagnostiquer sans complaisance la politique de gratuité des soins afin de corriger les insuffisances de cette politique combien salutaire pour les populations démunies.

Il convient d’octroyer urgemment aux formations sanitaires l’essentiel du matériel et des médicaments pour un plein exercice de la mission confiée aux sages-femmes afin d’éviter également les nombreuses plaintes des patients et des patientes.

A toutes les sages-femmes, nous vous encourageons à plus d’engagement et de professionnalisme.
Ce métier doit être exercé avec amour et passion.

C’est une vocation, voire un sacerdoce de promouvoir et de sauver la vie des mères et des enfants. Nous vous exhortons à vous former permanemment pour être au diapason de l’évolution de la médecine en générale et de la santé maternelle et infantile en particulier. Aujourd’hui, il est très facile de bénéficier de formation en ligne et à distance. Alors, soyez toujours à la tâche pour votre perfectionnement.

Aux autres organisations de sages-femmes, l’APSAM/BF tend la main. Il est temps que nous fédérions nos énergies car « seul on va vite mais ensemble on va loin ».
La conscientisation des sages-femmes au respect des textes règlementaires qui régissent la profession sage-femme et la capacitation des sages-femmes incombent également à nos organisations.

Nous avons le devoir de promouvoir une bonne gouvernance au sein de nos organisations pour garantir l’adhésion et la pleine implication des membres.

À l’occasion de cette édition de la Journée internationale des sages-femmes, j’exhorte les gouvernements, les institutions universitaires, les organisations de la société civile et les partenaires à investir dans la pratique de sage-femme afin de sauver des vies et d’améliorer le bien-être des femmes enceintes, des mères et des nouveau-nés.

Nous adressons nos remerciements et nos vives félicitations à toutes les sages-femmes pour leur contribution quotidienne au bien-être des femmes et à la venue au monde de nouvelles vies, en toute sécurité.

Nos remerciements vont également à l’endroit du Gouvernement du Burkina Faso qui, à travers le Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique accompagne les sages-femmes dans leur mission.

Nos remerciements vont enfin à l’endroit des ONG qui soutiennent techniquement et financièrement nos maternités en vue d’accroitre les performances et la qualité des services offerts aux populations.

Vive la profession sage-femme !
Que Dieu bénisse toutes les sages-femmes.

Nelessi O.

FasoAmazone.net

 

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