Nanoro (nom d’emprunt), âgé de 45 ans, se présente comme apprenti chauffeur. Il a comparu devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso le 19 juin 2026 pour des faits d’escroquerie.
Les faits
Le 10 mai 2026, jour des épreuves physiques et sportives du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), Habib (nom d’emprunt), élève en classe de 3e, se rendait à son centre d’examen. Aux environs de 5 heures du matin, il croise sur son chemin Nanoro et son acolyte.
Sous prétexte qu’il devait effectuer un sacrifice, Nanoro use de manœuvres frauduleuses pour convaincre le jeune candidat de lui remettre son sac. Celui-ci contenait une somme de 40 000 F CFA, une paire de chaussures, sa Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) ainsi qu’un power bank.
Interpellé, Nanoro n’a pas contesté les faits. À la barre, il a expliqué : « J’ai croisé Habib vers Bobo 2010, au petit matin. Je lui ai demandé s’il connaissait un endroit où l’on vend des machines de détection d’or. Au cours de notre échange, je lui ai dit qu’il devait faire un sacrifice. Ensuite, je lui ai demandé de sortir son argent. Il avait 40 000 F CFA dans son sac. Je lui ai dit que j’allais faire des prières sur cet argent et qu’à chaque fois qu’il retirerait 5 000 F CFA, il obtiendrait 10 000 F CFA. Dès qu’il m’a remis l’argent, je lui ai demandé d’aller chercher des cailloux, puis j’ai pris la fuite avec l’argent. »
Interrogé par le procureur sur l’utilisation des 40 000 F CFA, le prévenu a répondu :
« Mon acolyte et moi nous sommes partagé l’argent à parts égales ».
Les réquisitions du parquet
Le ministère public a soutenu que les éléments constitutifs de l’infraction d’escroquerie, prévue et réprimée par l’article 613 du Code pénal burkinabè, étaient réunis. Selon le procureur, le prévenu a eu recours à des manœuvres frauduleuses afin de tromper la victime et de l’amener à lui remettre son argent. Il a également relevé que Nanoro avait agi avec l’intention manifeste d’escroquer le jeune élève.
En conséquence, le parquet a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende ferme de 1 000 000 F CFA.
Le verdict
Statuant le même jour, le tribunal a suivi les réquisitions du ministère public. Nanoro a été condamné à cinq ans d’emprisonnement ferme et à une amende ferme de 1 000 000 F CFA. Le juge a également fixé la contrainte judiciaire à neuf mois.
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