
Le poumon vert de la capitale burkinabè s’apprête à changer de visage. Ce mardi 18 août 2026, les travaux de réhabilitation du Parc urbain Bangr-wéogo ont officiellement été lancés avec la pose de la première pierre, donnant le coup d’envoi à un vaste chantier destiné à restaurer, moderniser et valoriser ce patrimoine naturel au cœur de Ouagadougou. La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de police Mahamadou Sana, en présence notamment du ministre délégué chargé des Ressources animales et halieutiques, Dr Amadou Dicko, des responsables des services forestiers, des cadres du ministère de la Sécurité, des représentants de la mairie de Ouagadougou et des autorités coutumières.

Un patrimoine naturel et culturel au cœur de la capitale
À travers cette réhabilitation, c’est bien plus qu’un espace vert que les autorités entendent restaurer.
Le Directeur général des eaux et forêts, Colonel Bernabé Kaboré, a rappelé l’histoire particulière de cette forêt classée. Selon son récit, le site fut autrefois lié à la royauté mossi et constituait un espace protégé abritant des sites culturels, des animaux, des objets sacrés et servant notamment de lieu d’initiation et de refuge.

Devenue par la suite un refuge de faune sauvage, la forêt de Bangr-wéogo couvre aujourd’hui environ 265 hectares. Véritable poumon vert de Ouagadougou, elle contribue à la régulation écologique de la ville et constitue également un espace privilégié d’éducation environnementale pour les élèves, les étudiants et les populations.

Mais au fil des années, le site s’est progressivement dégradé, affectant son potentiel écologique, touristique et récréatif.
- Plus de 75 milliards FCFA pour changer le visage de Bangr-wéogo
Pour inverser cette tendance, les autorités annoncent un investissement global de plus de 75 milliards de FCFA.

Pour cette première phase, 5 milliards de FCFA sur fonds propres de l’État sont mobilisés afin d’engager les premières infrastructures.
Le chantier prévoit notamment :
la construction de deux portiques d’entrée ;
la réalisation d’une salle polyvalente de 750 places ;
la reconstruction de 10 kilomètres de clôture ;
l’aménagement d’une ménagerie destinée à accueillir différentes espèces emblématiques.
À terme, cette ménagerie devrait notamment abriter des éléphants, des hippopotames et des lions, renforçant ainsi la vocation faunique et touristique du parc.

Les entreprises chargées de cette première phase disposent d’un délai de quatre mois pour livrer les infrastructures prévues.
« Faire de Bangr-wéogo un espace touristique floristique et faunique »
Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, ce projet traduit une ambition plus large : faire des espaces naturels des lieux accessibles, préservés et pleinement intégrés au développement de la ville.

« Cette décision émane des plus hautes autorités qui entendent faire du Burkina Faso un eldorado, en faisant des forêts des havres de jouissance, des lieux de bon vivre et des écosystèmes préservés », a-t-il déclaré.
L’ambition affichée est de faire de Bangr-wéogo « un espace touristique floristique et faunique », où les Burkinabè pourront se retrouver, se détendre, découvrir la biodiversité et développer une meilleure connaissance de leur environnement.
Le ministre a également exhorté les entreprises à faire preuve de rigueur et de célérité dans l’exécution des travaux.

« La livraison de ces infrastructures n’est pas une option, c’est une obligation pour nous », a-t-il martelé.
Un projet entre nature, culture et mémoire
La présence des autorités coutumières lors de la cérémonie a donné une dimension particulière au lancement des travaux.
Le Touk Naaba Kango a salué l’initiative et formulé le vœu de voir Bangr-wéogo retrouver son lustre d’antan. Pour l’autorité coutumière, la restauration de cette forêt représente également un retour aux sources, avec des bénéfices attendus pour l’oxygénation de la capitale et le bien-être des populations.

Au-delà des infrastructures, la réhabilitation de Bangr-wéogo pose ainsi la question de la transmission d’un patrimoine naturel et culturel aux générations futures.
Bangr-wéogo, bientôt un nouveau visage pour Ouagadougou ?
Avec ce vaste programme, les autorités veulent repositionner Bangr-wéogo comme un grand espace naturel, touristique, éducatif et récréatif au cœur de Ouagadougou.

Si les travaux respectent le calendrier annoncé et que les différentes phases du projet se concrétisent, le parc pourrait devenir l’un des principaux pôles de détente, d’éducation environnementale et de découverte de la biodiversité dans la capitale.
Pour les Ouagalais, l’enjeu est donc de taille : retrouver une forêt plus belle, mieux aménagée et davantage protégée, tout en conservant l’âme d’un site qui appartient à l’histoire de la ville.
Bangr-wéogo entame ainsi une nouvelle page de son histoire. Une renaissance annoncée qui devra désormais se traduire sur le terrain, pour que le poumon vert de Ouagadougou retrouve durablement toute sa place dans la vie de la capitale.
Pascal K.
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