Médias africains : Nation Media Group interpellé sur la place des femmes dans les postes éditoriaux de direction

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Dans une rédaction de Nation Media Group à Nairobi, des journalistes travaillent à la production de l’information. Le débat sur la place des femmes dans les postes de décision éditoriale relance la question du leadership féminin dans les médias africains.

Kenya – Afrique de l’Est | Leadership féminin | Médias

La question de la représentation des femmes dans les postes de décision des médias revient au cœur du débat en Afrique de l’Est. Nation Media Group (NMG), l’un des principaux groupes de médias de la région, est appelé à renforcer la présence des femmes dans son leadership éditorial après une série de nominations annoncées au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

Des nominations majoritairement masculines

Le 16 septembre 2026, NMG a annoncé plusieurs changements dans son organisation éditoriale régionale. Au Kenya, Harry Misiko a été nommé rédacteur en chef par intérim, tandis que Dann Mwangi devient rédacteur en chef par intérim chargé de la diffusion et des nouveaux médias. John Kiplagat, Ben Kitili, Justus Wanga, Michael Owuor et Michael Omondi ont également été désignés à différentes fonctions éditoriales.

Une journaliste africaine au travail dans une rédaction moderne, avec une dimension numérique et multimédia.

En Ouganda, Joe Ageyo a été nommé rédacteur en chef de NMG Uganda et Washington Gikunju rédacteur en chef par intérim. En Tanzanie, James Smart prend la fonction de rédacteur en chef par intérim chargé de la diffusion et des nouveaux médias au sein de Mwananchi Communications Limited.

La composition essentiellement masculine de cette nouvelle équipe dirigeante a suscité des interrogations sur la place accordée aux femmes dans les plus hauts niveaux de décision éditoriale.

NMG reconnaît un « gap » dans le leadership éditorial féminin

Dans une déclaration publiée le 18 septembre, le directeur général et CEO de NMG, Geoffrey Odundo, a reconnu les préoccupations exprimées publiquement et indiqué que le débat mettait en évidence un déficit de représentation des femmes au niveau du leadership éditorial.

Selon les chiffres communiqués par le groupe, les femmes représentent actuellement 36 % de l’ensemble des effectifs, 33 % des personnels des rédactions, 42 % du comité exécutif et 41 % des responsables de départements. NMG indique avoir fixé un objectif de représentation de 40 %.

Ces données montrent cependant une différence entre la présence des femmes dans l’encadrement général et leur représentation dans les fonctions qui déterminent directement les choix éditoriaux. Le groupe n’a pas communiqué, dans cette réponse, de pourcentage précis concernant les femmes occupant les plus hauts postes éditoriaux.

En Afrique, des femmes journalistes investissent également les espaces de production de l’information et développent leurs propres initiatives médiatiques.

Pourquoi le leadership féminin compte dans les médias

Dans une rédaction, les postes de direction ne déterminent pas uniquement l’organisation du travail. Ils participent également aux choix de sujets, aux priorités éditoriales, aux sources sollicitées et aux angles proposés au public.

La question dépasse donc celle du nombre de femmes employées dans une entreprise de presse. Elle concerne leur accès aux espaces où se prennent les décisions éditoriales.

Cette problématique n’est d’ailleurs pas propre à NMG. Une analyse publiée en 2025 et consacrée au leadership dans les entreprises de médias indiquait que les femmes occupaient environ 30 % des postes de direction éditoriale étudiés, contre une majorité masculine.

Femmes journalistes africaines
Deux journalistes de Bilan Media, une rédaction exclusivement féminine en Somalie.

Le défi : construire une véritable relève

Pour les médias africains, l’un des enjeux est désormais de transformer la présence des femmes dans les rédactions en véritables parcours vers les postes de responsabilité.

Cela passe notamment par le mentorat, le développement des compétences managériales, le parrainage professionnel, l’accès aux responsabilités intermédiaires et des mécanismes transparents de progression de carrière.

Au Kenya, des responsables et organisations engagés sur ces questions ont également appelé à renforcer les passerelles permettant aux femmes d’accéder aux postes de direction. Une table ronde soutenue par ONU Femmes en juillet 2026 avait notamment mis l’accent sur le mentorat, le parrainage et la création de parcours permettant à davantage de femmes d’atteindre les fonctions dirigeantes.

Le leadership féminin dans les médias africains se construit aussi dans les rédactions, au cœur des choix éditoriaux et de la production de l’information.*

Et au Burkina Faso ?

Le débat ouvert en Afrique de l’Est offre une occasion de regarder également la situation des médias burkinabè.

Combien de femmes dirigent aujourd’hui des rédactions au Burkina Faso ? Combien occupent les fonctions de directrice de publication, rédactrice en chef, cheffe de desk, responsable des programmes ou directrice de l’information ?

Au-delà des chiffres, il serait pertinent d’interroger les professionnelles du secteur sur les obstacles rencontrés dans leur progression : accès aux responsabilités, formation, conciliation des contraintes professionnelles et familiales, rémunération, réseaux professionnels ou encore reconnaissance du leadership féminin.

Pour FasoAmazone.net

La question est finalement simple : qui participe à la décision de ce que l’Afrique regarde, lit et entend chaque jour ?

Renforcer la présence des femmes dans les rédactions ne signifie pas leur réserver automatiquement des postes. Cela suppose de veiller à ce que les compétences, l’expérience et les parcours professionnels féminins puissent réellement conduire aux niveaux où se prennent les décisions.

Le débat lancé autour de Nation Media Group constitue ainsi un point de départ pour une réflexion plus large sur le leadership féminin dans les médias africains, mais aussi sur l’avenir des rédactions dans un continent où les usages de l’information évoluent rapidement.

FasoAmazone.netQuand les femmes écrivent l’histoire.

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