Ouagadougou, 18 juillet 2026 – Dans le cadre de la lutte contre la mendicité des enfants en situation de rue, l’association Burkind Gouelé a lancé une initiative visant à favoriser l’autonomisation et l’insertion socioprofessionnelle des enfants talibés.
À travers un partenariat signé avec le maître coranique Pafadnam Oumarou, installé dans le quartier Toudoubwéogo, arrondissement 4 de Ouagadougou, 35 enfants bénéficieront désormais d’une formation professionnelle dans plusieurs domaines, notamment la menuiserie, la vitrerie et le bâtiment, tout en poursuivant leur apprentissage religieux.

La cérémonie de signature de cet accord s’est tenue sous la présidence de Mahamadi Ouangrawa, président de l’association Burkind Gouelé. Cette collaboration traduit une volonté commune de proposer une alternative durable à la mendicité et de contribuer au respect de la réglementation burkinabè interdisant cette pratique impliquant les enfants.

Une approche qui concilie éducation religieuse et insertion professionnelle
Pour le maître coranique Pafadnam Oumarou, cette initiative représente une opportunité pour accompagner autrement les enfants confiés à son encadrement.
« La mendicité est interdite, c’est pourquoi nous voulons collaborer avec l’association afin que les enfants puissent apprendre un métier durant la journée et revenir le soir pour poursuivre l’enseignement du Coran », a-t-il expliqué.
Fort de quarante années d’expérience dans l’enseignement religieux, le maître coranique accueille chaque année plusieurs dizaines d’enfants auxquels il transmet des valeurs de discipline, de respect et d’assiduité.
Selon le dispositif établi, les enfants suivront les formations professionnelles en journée avant de rejoindre leur cadre d’apprentissage religieux. Les vendredis et dimanches seront consacrés aux activités liées à la vie communautaire et religieuse.

Former des jeunes capables de construire leur avenir
Du côté des bénéficiaires, l’initiative est accueillie avec enthousiasme. Le jeune Bilalé Pafadnam, porte-parole des enfants talibés, voit dans cette formation une véritable opportunité.
« C’est une chance pour nous d’apprendre à lau fois un métier et le Coran. Je vais me concentrer pour acquérir des connaissances dans cet atelier », a-t-il confié.
Pour Mahamadi Ouangrawa, cette action s’inscrit dans la vision de l’association Burkind Gouelé, créée en 2023 pour accompagner les enfants talibés vers une meilleure intégration sociale.

« Nous allons commencer par la menuiserie bois. Les enfants apprendront progressivement à utiliser les équipements et à réaliser eux-mêmes des objets comme des bancs, des tabourets et des tables », a-t-il indiqué.
L’association prévoit également d’étendre son programme grâce à d’autres partenariats avec des ateliers spécialisés afin d’offrir des formations dans des secteurs comme l’agriculture, l’élevage et le maraîchage.
Une réponse concrète au phénomène de la mendicité infantile
À travers cette initiative, Burkind Gouelé et le maître coranique Pafadnam Oumarou ambitionnent de démontrer qu’éducation religieuse et apprentissage professionnel peuvent aller de pair.

Au-delà de la formation technique, le projet entend donner aux enfants talibés des outils pour construire leur autonomie et favoriser leur insertion durable dans la société.
Une démarche qui place la protection de l’enfance et la formation professionnelle au cœur des solutions contre la mendicité infantile à Ouagadougou.
Pascal K.













